Le blé (florence aurore):

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Du blé au pain

Au bas Moyen Age, on cultivait sur notre territoire principalement l'épeautre, le seigle et l'orge, tous trois très résistants aux intempéries et poussant sur tous les sols. La farine obtenue à partir de chacune de ces céréales servait à la fabrication de pains de ménage de différentes qualités, préparés et cuits chez soi ou au four communal ou banal

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A partir du 11ème siècle, la culture de l'avoine et du froment prédomine et c'est celle du froment qui se généralise au 15me siècle.
Plusieurs facteurs ont concouru à cette expansion : la demande amplifiée par l'accroissement de la population urbaine, la multiplication des moulins hydrauliques ou à vent, la spécialisation de celui qui fabrique du pain en boule, le " boulanger ". N'oublions pas que le pain fut à la base de l'alimentation populaire pendant des siècles.

Le pain est issu de la culture du blé, une des 3 céréales panifiables avec le seigle et l'épeautre qui peuvent faire du pain à eux seuls.

" Si les habitants voluptueux des villes savaient ce qu'il en coûte de travaux pour leur procurer du pain, ils en seraient effrayés " disait Voltaire dans son dictionnaire philosophique. De tous les temps, le travail de la terre pour produire le blé a été et reste un travail pénible. Le labour, les semailles, la moisson, le battage : toute une succession de longs et difficiles travaux s'échelonnant de l'automne à l'été, avec l'inquiétude du mauvais temps, d'une récolte incertaine ou de la chute des cours du blé. Le thème de la moisson, souvent idéalisée parce que symbolique, a été un des thèmes majeurs de la peinture occidentale jusqu'au début du XX° siècle. Rendons hommage au paysan de tous les temps pour son labeur continu, pour son courage et son amour du travail bien fait.

La popularité des fêtes de la moisson qui fleurissent et se maintiennent depuis de longues années dans beaucoup de communes de notre région de la Bretagne - dont la fête des moissons de Plouguenast (22) ou celle de Plumaugat (22) - ou d'ailleurs est bien le signe de cette reconnaissance du public à celle civilisation rurale qui était avant tout une civilisation du pain , avec des témoins pour nous le rappeler : le moulin et le four.

Sur le plan physiologique, le blé est une graminée appelée Triticum par les botanistes qui est semée à l'automne et récoltée à l'été suivant. Semis, tallage, montaison et épiaison sont les différents stades de développement de la plante. Comme chacun le sait, à la récolte sa tige creuse - le chaume ou la paille- se termine par un bel épi doré rassemblant les grains qui seront moulus pour donner la farine.

 

Deux espèces sont aujourd'hui cultivées, du moins dans nos pays d'Europe occidentale : le blé tendre destiné à la boulangerie et le blé dur utilisé en semoulerie, essentiellement pour la fabrication des pâtes alimentaires.

Il existe de nombreuses variétés de blé tendre. En France, environ 200 variétés de blé tendre destinées à la boulangerie sont aujourd'hui homologuées, dont la plupart n'ont pas plus de vingt ans. C'est dire que les anciennes variétés sont introuvables ou rares. Les variétés les plus couramment cultivées actuellement ont pour - joli- nom : Soissons, Sidéral, Thésée, ou Scipion. La plus ancienne, et sans doute la meilleure pour le pain, porte le nom de Florence-Aurore est née en 1963…

Partout dans le monde, les laboratoires poursuivent des recherches sur des variétés de blé répondant à de nombreux objectifs tels que la résistance aux maladies, aux parasites, au froid à la sécheresse, un bon rendement et surtout correspondant à une " bonne valeur boulangère ", c'est-à-dire une aptitude à donner une farine " satisfaisante " pour le boulanger. Il n' y a pas de bon pain sans bonnes céréales et en plus du choix de la variété de blé, les boulangers les plus exigeants sur la qualité de la farine qu'ils utilisent pour leur pain opèrent leur sélection suivant les critères les plus stricts : - l'absence d'engrais chimique - l'absence de pesticide - un taux de protéine élevé - une mouture obtenue à partir des meules de pierre - une bon tamisage ( ou blutage) - un taux d'humidité très faible pour un bon stockage, autour de 15% - un temps de repos ( ou temps de plancher) suffisamment long Bien sûr, peu de boulangers peuvent se procurer une telle farine, issue d'une culture répondant à un cahier des charges très contraignant pour l'agriculteur qui pratique l'agriculture biologique.

Le blé n'est pas une plante spontanée. Plante exaploïde à 42 chromosomes, il n'est en rien le produit d'une évolution "naturelle".
Ainsi, il y a encore 12 000 ans, le blé n'existait pas. Aucune trace sur terre. Or, 2 000 ans plus tard, il y a environ 10 000 ans, le blé tel que nous le connaissons est largement cultivé au Moyen Orient et ne va pas tarder à l'être en Egypte.

Nous savons aujourd'hui que ce bienfait de la nature, est issu d'une plante sauvage. L'Aegylopse pousse toujours, on la rencontre un peu partout au… Moyen Orient. Sorte de grande céréale particulièrement rustique mais fort peu productive, à un rang de grains. Et classée dans la catégorie des plantes diploïdes à 14 chromosomes. Voici l'ancêtre de notre blé, tel qu'il fut identifié tout naturellement par les botanistes, sans que l'on se pose trop de questions sur les conditions qui avaient conduit à son évolution. Jusqu'au jour où un laboratoire entreprit de reproduire, à partir du plant original, le processus de cette transformation.

Honneur à la recherche française, au CNRA de Versailles (devenu INRA), et au laboratoire de M. Bustaret, où M. Jolivet décida d'entreprendre la synthèse du blé à partir de l'Aegylopse. Recherche qui lui prit tout de même près de vingt ans.

Ceci a permis de montrer que cette plante artificielle était le produit d'une manipulation génétique extrêmement sophistiquée. Que seuls nos laboratoires modernes, avec les connaissances actuelles et une technologie de pointe étaient à même de mener à bien. Jugez-en plutôt.

Blé dur :Blé tendre :

La manipulation a consisté à augmenter le taux de ploïdie de l'Aegylopse et de la faire passer du stade diploïde au stade exaploïde. Rien de plus simple, à condition de suivre scrupuleusement le processus qui convient.

1ère opération : Dédoublage du capital chromosomique par traitement à la colchicine. Pour passer du stade diploïde (14 chromosomes) au stade tétraploïde (28 chromosomes)
2ème opération : Croisement de plantes diploïdes et de plantes tétraploïdes. Parmi la quantité de leurs produits, on obtient des sujets diploïdes, d'autres tétraploïdes et quelques plants triploïdes (21 chromosomes). Bien entendu, la sélection ne se fait pas à l'œil nu.
3ème opération : dédoublage des sujets triploïdes à la colchicine pour obtenir des plants exaploïdes (42 chromosomes).
Nous voici parvenus devant la reproduction de notre blé moderne, en tous points comparable à nos variétés cultivées. Sauf que l'on est obligé de convenir que cela ne risque pas d'être le produit du hasard. Encore moins le résultat d'un bricolage décidé au fond d'une hutte de paille. Et tout à coup, l'interrogation se pose, avec une acuité stupéfiante : Que c'est-il donc passé il y a 10 000 ans, du côté de ce Moyen Orient où l'agriculture a été inventée avec l'apparition de notre plante nourricière. L'ancêtre du professeur Jolivet s'appelait-il Cerès ? Le Dieu à qui les Grecs attribuent l'invention de cette plante ? son laboratoire ne doit pas manquer d'intérêt.

Il faut savoir que depuis ces temps anciens, nos blés avaient largement dégénéré, et surtout, devenaient de moins en moins résistants aux maladies. Aussi, si le blé de nos chercheurs n'a pas été directement commercialisé, il a servi et sert encore, à de nombreux sélectionneurs de semences comme géniteur pour introduire des gènes de résistance au froid ou aux maladies cryptogamiques. Et cela dans des millions de variétés cultivées. A noter que le blé retrouvé dans les sépulture égyptiennes a servi lui aussi à régénérer les espèces modernes.

La notation des maladies du feuillage se fait sur la 3ème feuille déployée à partir du haut. On ne compte que les feuilles complètement développées (même longueur que la précédente). La dernière feuille en cours d'émergence n'est pas comptée, tant qu'elle n'est pas dégagée.

la levée
3 feuilles
début tallage
plein tallage
épi 1cm
- observer le piétin-verse, l'oïdium
- entre la base du plateau de tallage et le sommet de l'épi : 1cm
1 nœud
- observer le piétin-verse, l'oïdium, la rouille jaune
2 nœuds
- observer l'oïdium, les septorioses, la rouille jaune
dernière feuille "pointante"
Le stade est atteint lorsque la dernière feuille est visible, encore enroulée, sur 50% des tiges.
- observer les septorioses, l'oïdium, la rouille brune
dernière feuille "étalée"
La dernière feuille est étalée ou déployée. Sa ligule est visible.
La plante a atteint son architecture foliaire définitive. L'épi gonfle la gaine, mais n'est pas encore visible.
- observer les septorioses, l'oïdium, la rouille brune, l'heminthosporiose
méiose pollinique
épiaison
- observer les septorioses, la rouille brune, l'heminthosporiose
floraison
La floraison débute au milieu de l'épi.
- observer la rouille brune, les fusarioses, l'heminthosporiose
formation du grain

Culture du blé tendre tendre en agriculture biologique
Quelques reflexions et questions

 

J. POUSSET.

Elle est utilisable par les praticiens de ['agriculture biologique à partir du moment où ils ont très bien assimilé les principes de base de ce type de culture ; ils peuvent alors faire le tri entre les informations classiques qu'ils peuvent utiliser et celles qui ne cadrent pas avec le cahier des charges ou qui ne vont pas dans la même optique agronomique. Ce tri demande parfois beaucoup de discernement, notamment dans deux domaines : le travail du sol et la meilleure façon d'utiliser les matières organiques.

La littérature technique "biologique" concernant la culture du blé est infiniment moins abondante.

L'ambition du présent travail est seulement de mettre ['accent sur certaines questions qui à mon avis ne vent pas suffisamment travaillées ou de combattre certains préjugés {ou tout au moins que j'aperçois comme tels) ; ce n'est pas un document technique global sur la culture du blé.

Le déchaumage systématique : une idée préconçue :

L'épineuse question des précédents culturaux.

Traditionnellement on considère que les meilleurs précédents du blé sont les plantes sarclées comme la betterave ou la pomme de terre, les légumineuses annuelles telles que certains trèfles ou pluriannuelles comme la luzerne, la prairie temporaire ou permanente (quoique la rotation traditionnelle à l'ancienne préfère souvent mettre la plante sarclée après la prairie et avant le blé plutôt que blé mettre le blé entre la prairie et la plante sarclée).

L'expérience semble démontrer que tout cela est exact dans l' ensemble.

Il faut pourtant tenir compte de conditions particulières et, d'une façon générale, nuancer ces points de vue.

Par exemple :

on affirme couramment, surtout dans les milieux "biologiques", qu'il ne faut pas cultiver blé sur blé.

J'ai pourtant eu l' occasion de constater, chez moi notamment, qu'on peut obtenir plusieurs belles récoltes successives de blé sans diminuer apparemment la fertilité du sol ni provoquer cl'envahissement gênant d'adventices.

Plais pour cela il faut comprendre et maîtriser aussi bien que possible deux facteurs : la décomposition des matières organiques et le travail du sol.

La décomposition des matières organiques tout d'abord doit se faire de telle sorte que leur rapport carbone/azoté évolue favorablement pendant l'intervalle séparant les deux blés successifs ; au départ ce rapport est d'autant plus élevé que la quantité de paille sur le terrain est plus grande ; il diminue d'autant plus vite que cette paille a été broyée finement et qu'on a épandu dessus un matériau relativement riche en azote (fumier, compost, engrais organique, engrais vert broyé!..

qui va permettre une plus grande activité des microorganismes décomposeurs ainsi on sera parvenu à une bonne décomposition lors de la mise en place du blé suivant, on ne risquera ni phénomènes de toxicité ni prélèvement excessif d'azote par les bactéries décomposeuses lorsque les jeunes plants de blé auront besoin de cet azote.

Le travail du sol de son côté doit être très bien pensé notamment bien entendu pour rechercher une bonne décomposition des matières organiques, comme nous venons de le voir, mais aussi pour bien maîtriser la population des adventices.

A ce sujet, il faut remarquer que sur un même terrain les populations d'adventices ne vent pas exactement les mêmes dans un blé d'hiver et dans un blé de printemps; le premier est plus facilement envahi par folle avoine, coquelicots, chardons, rumex... que le second, ce dernier est plus sujet aux envahissements de chenopodes ou moutardes sauvages que le premier.

Cette simple constatation laisse entrevoir qu'il est intéressant dans certaines circonstances de faire alterner blé d'hiver et de printemps, d'autant plus qu'après la récolte du blé d'hiver et avant la mise en place du blé de printemps il est possible de cultiver un engrais vert ; chose beaucoup plus difficile entre la moisson et la mise en place d'un blé d'hiver.

Remarquez bien que, paradoxalement, l'engrais vert me parait plus utile entre moisson et mise en place de blé d'hiver qu'entre moisson et mise en place de blé de printemps ; dans le second cas le terrain a souvent le temps ·le s'enherber naturellement et de se couvrir d'un engrais vert spontané; dans le premier cas la période disponible est souvent trop brève pour que le sol s'enherbe spontanément et il peut être particulièrement utile d'installer un engrais vert ; la difficulté est de le faire pousser : il faut (éventuellement) broyer la paille, épandre les engrais minéraux et les matières organiques dont le terrain peut avoir besoin, semer l'engrais vert et gratter le sol dans les heures ou les jours qui suivent la moisson; moyennant cela et un peu de chance sous forme de pluie, l'engrais vert peut se développer suffisamment (notamment son système racinaire) avant la mise en place du blé d'hiver. A cette époque les mélanges d'engrais verts vent parfois utiles (par exemple : moutarde plus trèfle incarnat avec, éventuellement, un peu de sarrasin - mais attention, car ce dernier aurait une certaine propension à éliminer la concurrence).

Il faut veiller à effectuer seulement un grattage superficiel du terrain qui n'enterre pas les graines (de l'engrais vert ou des adventices) en profondeur.

Une autre possibilité est d'effectuer un labour direct sans déchaumage après broyage des pailles et apport des matières organiques et minérales nécessitées par l'état du sol; cette façon de faire présente l'inconvénient de ne pas permettre la germination des graines d'adventices qui se trouvaient sur la terre mais celles qui vent remontées peuvent germer et, si le labour est bien fait (dressé et aéré), la décomposition des matières organiques est excellente; on peut procéder ainsi avec profit (mais pas systématiquement) entre la moisson d'une céréale et la mise en place d'un blé d'hiver, à condition que cette céréale n'ait pas été trop sale et n'ait donc pas provoqué la libération d'un grand nombre de graines à la surface du sol (auquel cas il vaut mieux en faire germer au moins une partie le plus rapidement possible). En ce qui concerne les maladies et le parasitisme, je n'ai pas constaté d'aggravation significative lorsqu'on cultive plusieurs blés successifs dans de bonnes conditions; j'ai l' impression que, dans le cadre de la culture biologique bien conduite et sur des terrains à fertilité correcte, les mécanismes de défonce et de régulation du blé et du sol peuvent jouer convenablement pendant plusieurs années.

Pour ce qui est des adventices, les choses vent plus délicates : si on maîtrise mal la situation, elle peut devenir très vite catastrophique.

Tout cela mériterait de longs développements mais attention, pas de conclusion hâtive : je n'ai pas dit que la rotation n'avait pas d' importance ; je lui accorde au contraire une grande importance ; je peux seulement dire, à partir d'observations sur le terrain auxquelles on peut réfléchir, que dans certaines circonstances et avec une excellente compétence pratique on peut cultiver plusieurs blés de suite avec de bons résultats. Par ailleurs, je précise qu'il me parait très risqué, en agriculture biologique, d'aller au delà de 4 blés successifs et qu'il est toujours souhaitable de faire alterner blé d'hiver et de printemps ; pas question de faire 8 ou 10 blés d'hiver successifs comme cela s'est vu en culture classique.

Cette succession de blés n'est pas un objectif à rechercher, elle peut dans certains cas relever de contraintes économiques.

Dans tous les cas les rotations courses du genre prairie_, plante sarclée blé vent préférables sur le plan technique.

Les rotations comportant deux ou plusieurs blés successifs en agriculture biologique me paraissent difficilement envisageables sans la mise en place régulière de cultures très nettoyantes.

Lit de semences : une importance et une complexité souvent mal perçues.

Classiquement les manuels d 'agriculture préconisent pour la culture du blé d'obtenir un lit de semence "motteux en surface et rassis en profondeur" .

Cela est intéressant et sans doute assez juste mais c'est un objectif bien insuffisant et qui volt trop exclusivement le sol sous un aspect "mécanique".

Le bon lit de semences doit permettre un bon contact entre la graine et le sol. Il faut donc un minimum de terre fine ; il doit pouvoir résister aux intempéries dans le cas du blé d'hiver. Il faut donc un minimum de mottes pas trop grosses et bien réparties sur tout la surface.

Dans le cas du blé de printemps il faut davantage de terre fine et surtout pas de zone compactée, que ce soit en surface ou au niveau de la semelle de labour.

Les matières organiques doivent être réparties le mieux possible dans tout le volume de terre travaillée soit par des façons superficielles précédant un labour léger, soit par un labour bien dressé (éventuellement sans rasettes) suivi par une ou plusieurs façons profondes à l 'aide d'outils à dents, pour assurer un bon mélange matières organiques-terre.

Les façons les plus simples vent les moins coûteuses pour le porte-monnaie et souvent les meilleures pour le sol; si les conditions vent bonnes, le moment bien choisi, le labour bien effectué, un seul passage d'un ensemble cultivateur + herses (avec éventuellement un rouleau ordinaire pour le blé de printemps) peut suffire à obtenir un bon lit de semences ; cela demande évidemment un minimum de puissance de traction.

Dose de semences : une question sans réponse ?

Il est souvent admis qu'un culture biologique il faut mettre en terre des quantités de semence plus élevées qu'en culture classique ; -par ailleurs il me parait certain que les variétés de blé récentes tallent moins vigoureusement que les plus anciennes.

Et pourtant il me parait bien difficile de faire des suggestions précises dans ce domaine des doses de semences de blé car j'ai eu l' occasion d' observer de nombreux résultats contradictoires : bons résultats avec des doses de semences faibles (110 à 130 kg/ha), mauvais résultats avec des doses de semences élevées (plus de 180 kg/ha) et inversement...

Deux choses paraissent claires :

- il faut tenir compte dans l'estimation de la dose de semences des critères habituels (poids de 1000 grains, faculté germinative, époque du semis, climat habitue! de la région, nature du terrain, préparation du sol bonne ou moins bonne etc...).

- les blés de printemps doivent être semés plus denses que les blés d'hiver (bien que certains considèrent qu'en culture biologique le tallage des blés d'hiver peut être considéré comme nul).

Pour le reste je pense que c'est à chacun de faire des essais de semis à différentes densités. Les inconvénients majeurs d'un semis clair vent

- une moins bonne couverture du sol donnant de l'espace pour les adventices;

- un risque de manque d'épis à la récolte, donc une diminution de rendement.

Ceux d'un semis trop dense vent :

- un risque accru de maladies cryptogamiques;

- un risque de verse si les tiges vent trop fines et fragiles;

- un risque de nanisme des épis pouvant entrainer, malgré le nombre élevé de ces derniers, une diminution de rendement.

tendance actuelle (1988), même en culture classique, parait être aux semis denses Ceci est peut-être dû au faible tallage des variétés actuelles mais je pense qu'un effet "mode", assez irrationnel, joue également.

Quoi qu'il en soit, il faut que les praticiens fassent des essais de différentes doses de semis, voient les résultats et en discutent entre eux; pour ma part, je suds preneur de toute bonne information dans ce domaine.

Dans l'état actuel des choses, j'ai tendance à penser que sur deux terrains parfaitement identiques et travaillés de la même façon les rendements vent à peu près les mêmes lorsque les doses de semis (de la même variété) se situent dans une fourchette probablement plus large qu'on ne le pense souvent. Tout me paraît se passer comme si la dose de semences n'avait pas une très grande influence sur le rendement pour peu qu'on reste, évidemment, entre deux limites raisonnables.

Fumure : le mieux peut être l'ennemi du bien.

La fumure azotée de printemps est la règle en culture classique ; en agriculture biologique elle doit à mon sens rester exceptionnelle et être considérée comme la roue de secours qu'on a toujours en sa possession mais dont on ne se sert qu'en cas de pépin.

Dans le cas présent, le pépin ce peut être un printemps particulièrement froid et humide qui retarde la libération de l'azote par le sol alors que le blé commence à en avoir besoin.

Le guano est particulièrement indiqué dans ce cas Il faut en mettre peu car c'est un produit rare et cher; il faut aussi savoir que les fumures de printemps, forcément à base d'engrais organiques à action rapide (je ne parle pas des nitrates minéraux naturels), profitent beaucoup à certaines adventices comme le vulpin,

Une bonne façon d' intensifier raisonnablement la culture du blé (je ne parle pas de la fumure de correction du sol qui est un autre domaine) me parait être d'apporter une fumure organique (fumier, compost, engrais organique du commerce...`, sur les chaumes de la céréale précédents peu de temps après la moisson; on facilite ainsi la décomposition de ces chaumes (et éventuellement de la paille broyée) et on permet à l'azote de se mettre sous des formes d'attente peu lessivables et particulièrement profitables pour la culture à venir (humus ou formes préhumiques, adventices - engrais verts).

 

 

Du paysan au meunier

Les paysans représentent 4 % environ de la population suisse. Entrepreneurs indépendants, ces agriculteurs exploitent et entretiennent environ la moitié de la surface utile du pays avec des machines modernes. Ils apportent ainsi une contribution essentielle, non seulement à notre approvisionnement en denrées alimentaires, mais également à la conservation de notre espace de vie et de loisirs!

 

Parmi eux, 30'000 agriculteurs pratiquent la culture des céréales panifiables et ce, sur une surface d'environ 100'000 hectares. De nouvelles sélections et le perfectionnement des méthodes de production ont permis d'améliorer de manière continue la qualité des céréales et d'accroître le rendement des sols. Avec une production de 500'000 à 600'000 tonnes de céréales panifiables par an, les agriculteurs suisses couvrent largement nos besoins. Pour des raisons de politique commerciale, une faible proportion des céréales continue toutefois d'être importée.

Le métier de paysan existe depuis que l'homme est devenu sédentaire et a commencé à travailler systématiquement la terre, à aménager des champs et à cultiver des céréales et d'autres plantes.

La faucille et le fléau, instruments du passé

Au fil du temps, le paysan a perfectionné les instruments aratoires simples dont il se servait pour les rendre de plus en plus performants.

La charrue, tirée tout d'abord par l'homme, puis par les animaux, permettait d'ameublir la terre avant que le paysan ne sème, à la main, les graines de céréales qu'il laissait ensuite pousser. La faucille, qui permettait de couper le blé mûr à la main, a été inventée il y a 12'000 ans environ au Proche-Orient. Facilitant le travail, la faux est apparue vers la fin du Moyen Âge. Dans le Plateau, les céréales moissonnées étaient fiées en gerbes et dressées en meules dans les champs. Dans les régions alpines, elles étaient suspendues à des chevalets en bois pour être séchées puis transportées à l'aire de battage par des voitures tirées par des bœufs ou des chevaux. Un travail laborieux de battage, effectué tout d'abord au fléau et plus tard au tarare, permettait de séparer le grain de la paille.

Aujourd'hui, faucille et fléau font partie du passé. Au cours des 150 dernières années, l'agriculture s'est mécanisée et rationalisée. Dans la seconde moitié du 19e siècle, les machines agricoles, tirées au départ par des chevaux, puis par des machines à vapeur et enfin par des engins à moteur, se sont multipliées, notamment aux USA. Depuis 1950, les récoltes de blé s'effectuent avec des moissonneuses-batteuses qui coupent et battent les céréales en une seule opération. Les agriculteurs disposent aujourd'hui de machines extrêmement modernes pour la labourage et les récoltes.

Culture des céréales

Des semailles à la récolte, il se passe presque dix mois. Pour croître sainement, les céréales ont besoin d'un milieu naturel aussi exempt que possible de nuisances. Le paysan investit tout son savoir pour préserver la fertilité et le rendement de ses terres. En principe, c'est lui qui définit le mode d'exploitation de ses terres. Cependant, ses décisions sont certainement influencées par les conclusions tirées d'études de l'offre et de la demande.

Les producteurs sont de plus en plus nombreux à cultiver leurs céréales selon les directives de la production intégrée (Pl) ou selon les directives encore plus strictes des cultures biologiques (biocultures).

 

Depuis 1992, la Confédération utilise un instrument de gestion destiné à promouvoir ces deux formes de culture, respectueuses de l'environnement. les agriculteurs perçoivent ainsi des subventions pour les prestations ne s'inscrivant pas dans une logique de production, par exemple pour l'exploitation extensive de prairies ou de surfaces céréalières (céréales dites extensives), ainsi que pour la mise en jachère de surfaces cultivables. Ces mesures permettent de freiner la production et donc de faire baisser les coûts de valorisation des excédents, tout en préservant en définitive la liberté de production des agriculteurs.

A partir 2001, l'offre et la demande sur le marché international exerce un impact puissant sur le secteur céréalier suisse.

Trois types de culture

Par culture traditionnelle et intensive, on entend le mode de culture qui a été transmis, de génération en génération et qui s'est caractérisée au cours des cinquante dernières années, par, une augmentation significative des rendements. L'exploitation agricole des sols s'est intensifiée du fait de l'utilisation d'espèces améliorées, de l'intensification de l'engraissement des sols, de la mise en oeuvre de produits phytosanitaires, ainsi que, de manière générale, l'amélioration des techniques agraires.

La production intégrée (PI) est une forme de gestion dont l'objectif est de promouvoir le respect de la nature et de l'environnement. Les principaux vecteurs en sont la préservation de la diversité des espèces et de la fertilité des sols, un assolement adéquat, une utilisation réduite d'engrais et des produits phytosanitaires, ainsi qu'un élevage conforme aux besoins des différentes espèces animales. La production intégrée respecte les directives d'organisations spécialisées, contrôlées à leur tour par l'Office fédéral de l'agriculture.

La culture biologique (BIO) est le type de production le plus conséquent en matière de respect de l'environnement. Contrairement à la production intégrée (PI), elle interdit la mise en oeuvre d'engrais synthétiques, chimiques et de produits phytosanitaires. Les mauvaises herbes sont par exemples éliminées à la main, avec un sarcloir, tout comme par le passé. La culture biologique des céréales accepte donc le principe de l'obtention de rendements plus faibles avec davantage de travail. Elle s'est donné comme objectif d'éviter toute intervention du génie génétique.

Agriculteur - un entrepreneur moderne

Le temps où l'on considérait le métier de paysan comme plutôt conservateur est révolu. l'agriculteur moderne est un entrepreneur de plus en plus engagé sur le plan écologique, ayant une approche holistique de son activité, qui ne s'intéresse pas uniquement aux aspects économiques de sa profession. Les exigences requises à l'égard des spécialistes agricoles sont de plus en plus pointues car ils sont confrontés aux divergences et contradictions existant entre l'économie, l'écologie et le progrès.

 

Outre l'amour de la nature, des plantes et des animaux, une bonne constitution physique et de bonnes aptitudes manuelles, les futurs paysans doivent posséder des qualités diverses, capacités techniques, dynamisme, détermination, sens des responsabilités et esprit de synthèse.

 

Politique agraire

Au cours des dernières années, le taux d'auto-suffisance de la Suisse en matière de céréales panifiables et de céréales fourragères a augmenté. La Suisse a même produit des excédents dont la valorisation a coûté cher à la Confédération par le passé. Depuis 1995, les producteurs prennent en charge les coûts de gestion des excédents.

La culture générale n'est soumise à aucun contingentement (Iimitation des quantités) comme c'est cas pour d'autres produits agricoles (par exemple, le lait, le sucre ou le colza), ni à de grandes fluctuations de prix (comme c'est le cas pour la viande). Cette situation évite une augmentation de la production dans la plupart des secteurs agricoles.

Dans le cadre de la production végétale, l'accroissement des rendements enregistré au cours des dernières décennies a libéré des surfaces agricoles, le volume de production restant égal.

L'augmentation de la productivité dans le secteur animal a conduit à une surabondance de l'offre sur ce marché et en définitive à une réduction du nombre des têtes de bétail. Les surfaces fourragères nécessaires ont donc diminué, ce qui a à nouveau permis de libérer des terres disponibles pour la culture céréalière.

A cela vient s'ajouter l'augmentation des rendements résultant des progrès techniques.

La Confédération s'est donc donné un instrument supplémentaire, non seulement pour promouvoir la culture céréalière mais également, le cas échéant, pour la limiter ou créer des incitations à des formes de production plus écologiques.

Depuis 1991, des terres sont retirées de la production et servent au rétablissement de l'équilibre écologique ou sont mises en jachère. Des dédommagements adéquats sont versés par la Confédération aux agriculteurs pour compenser les pertes de revenus en résultant. L'introduction de l'article sur le blé par la votation du 29 novembre 1998 supprime le régime du blé mis en place par la Confédération à compter sans doute du 30.6.2001, au plus tard toutefois, en l'an 2003. Au terme de cette période de réglementation transitoire, le secteur céréalier sera confronté au libre marché

 

 

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